Vous envisagez de prendre la tête d’une entreprise mais hésitez entre le statut de PDG et celui de gérant. Le choix n’est pas seulement sémantique : il engage la gouvernance, la responsabilité juridique, le régime social, la fiscalité et la capacité à lever des fonds. Cet article compare concrètement les deux options, décrit les principales démarches pour immatriculer une société et propose une checklist pratique pour démarrer sereinement.
PDG versus gérant : définitions et différences essentielles
Le terme PDG (président-directeur général) s’applique principalement aux sociétés par actions (SAS, SA). Le PDG exerce les fonctions de dirigeant mandaté par les actionnaires et peut cumuler des rôles exécutifs et stratégiques. Le gérant désigne le représentant légal des sociétés de personnes ou des SARL/EURIl est nommé par les associés et assume la gestion quotidienne et la représentation légale de la société.
Les différences majeures à retenir :
- Gouvernance : la SAS/SA favorise une gouvernance plus modulable et souvent collégiale (conseil d’administration, conseil de surveillance), alors que la SARL/EURL offre une structure plus simple avec un pouvoir concentré entre les mains du gérant.
- Responsabilité : tous deux encourent une responsabilité civile et pénale en cas de faute, mais la responsabilité personnelle peut être plus directement engagée pour le gérant si les dettes sont personnelles ou s’il y a confusion d’actifs.
- Régime social : le PDG, selon ses fonctions et la forme de la rémunération, peut relever du régime des assimilés-salariés (cotisations salariales mais pas d’assurance chômage), tandis que le gérant majoritaire d’une SARL relève généralement du régime des travailleurs non salariés (TNS) avec des cotisations souvent moins élevées mais une protection sociale différente.
- Attractivité financière : la SAS est souvent privilégiée pour les levées de fonds, l’entrée d’investisseurs ou la flexibilité des actions. La SARL/EURL convient bien aux petites structures familiales ou aux TPE qui recherchent simplicité et contrôle.
Responsabilités et obligations pratiques
Que vous soyez PDG ou gérant, les obligations sont multiples : respect des statuts, tenue d’assemblées, dépôt des comptes, respect des règles fiscales et sociales, déclarations URSSAF, paiement des cotisations, etc. Le dirigeant doit aussi veiller à la conformité commerciale et aux règles de protection des données si la société traite des informations personnelles.
Sur le plan pénal, des risques existent en cas de fraude, d’abus de biens sociaux, de mise en danger de la santé publique ou de non-respect des obligations de sécurité. Il est donc recommandé de souscrire des assurances responsabilité civile professionnelle et, le cas échéant, une garantie décennale selon l’activité.
Checklist des démarches pour créer et démarrer
Voici les étapes clés, documents à préparer et délais approximatifs pour immatriculer votre entreprise et démarrer l’activité :
| Démarche | Documents nécessaires | Délai estimé |
|---|---|---|
| Rédaction des statuts | Statuts signés, pièces d’identité, justificatif de siège | 1-2 semaines (selon relectures) |
| Dépôt du capital social | Attestation de dépôt bancaire | 2-7 jours |
| Publication d’avis légal | Avis dans un journal habilité | 24-72 heures suivant parution |
| Immatriculation au RCS (Centre de formalités des entreprises) | Formulaire M0 ou autre, statuts, attestation dépôt, justificatifs | 1-4 semaines selon la complexité |
| Ouverture de comptes et inscriptions sociales | RIB, SIREN, déclarations URSSAF, caisses TNS ou régime assimilé | Variable |
Financement, aides et ressources utiles
Pour financer votre projet : établissez un prévisionnel clair sur 12 à 36 mois, identifiez vos besoins en fonds de roulement et capital initial, et étudiez les options : apports personnels, prêts bancaires, prêts d’honneur, subventions locales, crowdfunding et investisseurs. La SAS sera plus adaptée si vous anticipez des levées de fonds ; la SARL reste souvent suffisante pour une activité autocentrée et maîtrisée.
Ressources et interlocuteurs à solliciter :
- La chambre de commerce et d’industrie (CCI) ou la chambre de métiers selon l’activité.
- Un expert-comptable pour le montage du business plan, le choix du régime fiscal et social et la mise en place d’outils de gestion.
- Un avocat ou juriste pour la rédaction des statuts et la sécurisation juridique (clauses d’agrément, pacte d’associés).
- Les réseaux d’accompagnement (BGE, pépinières, incubateurs) et les plateformes de subventions locales ou régionales.
Conseils pratiques pour choisir et démarrer
Avant de trancher, listez vos priorités : protection sociale, coût des cotisations, capacité d’attirer des investisseurs, simplicité administrative, contrôle de l’entreprise. Si la protection sociale et la distinction avec le salarié sont primordiales, la SAS et le statut d’assimilé-salarié peuvent être avantageux. Si vous cherchez à limiter les coûts sociaux au départ et gardez une structure familiale, la SARL/EURL et le statut TNS sont pertinents.
Enfin, planifiez : rédigez un business plan, validez les hypothèses financières avec un expert-comptable, formalisez les statuts avec un avocat si nécessaire, déposez le capital, publiez l’avis légal et procédez à l’immatriculation. Prévoyez des marges de trésorerie et une assurance adaptée. Une bonne préparation réduit les risques et facilite la montée en puissance de votre entreprise.
Bon courage dans votre projet : consulter un expert (comptable ou avocat) et utiliser les ressources locales vous permettra de sécuriser votre choix entre PDG et gérant et de démarrer dans les meilleures conditions.



